15 mars 2013

Entrevue avec JoAnne Duquette, PCC : Engagée, vous dites!par Lyne Girouard, PCC

À titre de membre du Comité des communications, j’ai rédigé quelques articles et interviewé des membres d’ICF Québec dans le passé. La journaliste amateur en moi y a pris goût et récidive. Cela faisait longtemps que me trottait dans la tête l’idée de faire une entrevue pour mieux faire comprendre ICF Québec et intéresser les membres à s’impliquer. Qui de mieux placée pour nous en donner le goût que l’actuelle directrice générale d’ICF Québec, JoAnne Duquette, PCC.

Pour ceux et celles qui te connaissent moins, depuis combien de temps es-tu coach ? Comment es-tu venue au coaching ?

Je suis coach depuis une dizaine d’année. J’en faisais déjà avant sans savoir que c’en était : à titre de Commissaire touristique, j’offrais du soutien aux entrepreneurs et j’avais déjà une approche coaching dans la façon dont je les questionnais et les soutenais. J’ai vu un reportage sur le coaching à une émission télé, Jeux de société, animée par Joanne Prince. On y parlait de la formation disponible au Québec et qui pouvait être suivie par téléconférence. Comme c’est l’année où j’ai été malade et immobilisée à la maison, c’était l’idéal pour moi. J’ai donc commencé à coacher plus formellement au sein de l’entreprise pour laquelle je travaillais, tout en acceptant des mandats à la pige pour, finalement, faire le saut à temps plein en coaching. C’est en coachant qu’on devient coach!


À quand remonte ton implication dans ce qu’on appelle maintenant IFC Québec ? Quelles fonctions as-tu occupées ?

Je m’y suis impliquée dès le départ. À l’époque, il y avait des délégués par région et on avait besoin d’un coach pour démarrer la section de l’Estrie et la représenter au Comité d’administration. Je me suis ensuite occupée de la semaine de promotion du coaching en Estrie et j’ai participé à quelques planifications stratégiques. En 2006, Yvon Lachapelle m’a demandé d’organiser un premier colloque québécois. En tant qu’association, on en était rendu là! Par la suite, je me suis occupée de pratiquement tous les congrès et quand Montréal a été l’hôte du Congrès international, j’ai participé à l’organisation de la soirée québécoise.

Actuellement, à titre de directrice générale, mon rôle consiste essentiellement à faire le pont entre les différentes instances d’ICF Québec, le conseil d’administration, les différents comités ou les membres. Je supervise les employées à temps partiel de la permanence (une adjointe et une chargée de projets) et je suis l’agente de liaison auprès de notre webmestre. Finalement, depuis le temps que je suis impliquée, je suis un peu « la mémoire » d’ICF Québec… 

(Note: officiellement, c’est une journée par semaine que JoAnne devrait y consacrer mais, comme elle est une femme engagée et qu’elle croit à ICF Québec et au coaching, elle y met le temps qu’il faut pour faire avancer les choses)


Qu’est-ce qui t’a motivée à t’impliquer ?

Ce qui m’a motivée, mon grand intérêt pour que la profession coaching se développe et soit connue au Québec. Qu’elle soit reconnue aussi comme une profession à part entière ! Que le public sache que nos membres sont formés, qu’il y a des aptitudes et des compétences spécifiques pour pouvoir exercer le coaching de façon adéquate. C’est de tout un savoir-faire et d’un savoir-être dont il s’agit! En fait, je voulais contribuer à donner au coaching ses lettres de noblesse!

D’autre part, je voulais aussi faire valoir notre différence auprès d’ICF. Au début, on nous référait à ICF France mais avec le décalage ce n’était pas toujours évident. ICF a fait des progrès relativement aux différences linguistiques et culturelles. Ça ne s’est pas fait tout seul! On y est pour quelque chose! Aujourd’hui, ICF est plus sensible à ces aspects et offre un site partiellement multilingue. Nous avons maintenant des documents en français et nous pouvons offrir des services à nos membres dans leur langue maternelle. Ainsi ils sont en mesure de comprendre!


Que t’a apporté à toi personnellement de t’engager ?

Des belles rencontres! S’impliquer c’est baigner dans tout ce qu’entraîne l’attitude coaching! C’est être entouré de coaches pour qui l’être humain et l’aspect relationnel sont importants. Ça me permet de continuer d’apprendre et de faire des prises de conscience. C’est peut-être fleur bleue, mais je crois que le coaching permet de vivre dans un monde meilleur! J’étais convaincue et je le suis toujours que la société bénéficie de manière positive du coaching. 


Que peux-tu me dire de l’évolution du coaching depuis les dix dernières années ?

Au niveau organisationnel, les entreprises prennent le coaching de plus en plus au sérieux. Elles sont plus conscientes que le coaching apporte des résultats de transformation, des changements réels. De plus en plus, les entreprises se rendent compte de l’importance de faire former leurs coaches internes et d’utiliser les services de coaches qui sont non seulement membres d’ICF mais qui sont aussi certifiés. La certification est maintenant considérée comme un gage de qualité.

Autre évolution : la distinction entre les différentes approches d’intervention est mieux comprise. De moins en moins de consultants « s’improvisent » coaches; ceux qui sont réellement intéressés par la profession décident de s’inscrire à une formation. Par ailleurs, il y a quelques années, on assistait davantage à une compétition entre les coaches et les consultants. Aujourd’hui, nous travaillons davantage ensemble, chacun voyant la valeur-ajoutée du cumul des approches.


Et de l’évolution d’ICF Québec ?

À ICF Québec, nous avons fait plusieurs recommandations auprès d’ICF pour professionnaliser le coaching, pour qu’il y ait des « barrières » à l’entrée. Avant, on pouvait s’inscrire à ICF, se dire coach sans avoir de qualifications spécifiques en coaching. Comme chez ICF Québec, nous avions déjà fait la promotion de la certification. Lorsqu’ICF a haussé ses exigences (soixante heures de formation obligatoire), au Québec, nous n’avons pas perdu de coaches. Au contraire, nous avons gagné des membres, les gens se sont fait former.

Il y a encore du chemin à faire. Ce sur quoi nous voulons mettre l’accent est de continuer à sensibiliser les entreprises à embaucher davantage de coaches. Et dans ce sens, la certification va devenir un incontournable. Ce sont tous les coaches qui doivent en être conscient et qui doivent promouvoir la certification. Il y a quelques années quand je demandais aux clients qui m’approchaient s’ils m’avaient choisie parce que j’étais membre certifiée d’ICF, on me demandait ce qu’était ICF. Aujourd’hui les gens le savent.


En terminant, si tu avais un message à transmettre aux jeunes (nouveaux) coaches qui veulent s’impliquer à ICF Québec mais qui n’osent pas, ce serait lequel ?

Osez! J’ai commencé en me disant que chacun a le pouvoir d’influencer. Évidemment, il y a des règles à suivre et des stratégies privilégiées par le Conseil d’administration. Rien n’empêche pourtant de s’impliquer et de faire avancer les choses. Au contraire! C’est important de s’impliquer afin de servir la communauté et aller au-delà de ses intérêts personnels. Et il y a encore tant à faire. Nous pouvons aller plus loin, continuer à développer la crédibilité de la profession. Et j’ai envie d’ajouter que même si on est nouveau dans la profession, à titre d’être humain, chacun a tout un bagage qui peut être mis à profit!

S’impliquer permet d’être proche de tout ce qui se passe dans la communauté des coaches, de suivre l’évolution du coaching. En s’impliquant nous avons aussi accès à tout un réseau de coaches qui nous soutiennent et nous aident à se développer : pas juste comme coach, comme individu aussi!

ICF c’est comme une drogue : quand tu commences et que tu y as goûté, c’est dur de lâcher! C’est comme le coaching finalement!
Lyne Girouard, PCC CRHA, Coach professionnel certifié ACC