Prendre soin du voyageur en devenir
15 décembre 2010

Prendre soin du voyageur en devenirpar Izabel Coutu, PCC

Voilà quatre ans que j'accompagne des gens  à atteindre des résultats dans leur contexte de vie professionnelle.   En jetant un regard sur ce qui est commun à mes clients, je constate que  très souvent les gens sont dans une dynamique de course en avant. Ils  ont leur attention portée sur les nombreux résultats à atteindre. Une fois  un résultat atteint, la course reprend pour aller vers le suivant.

  Mon intention est de mettre en mots  ma perception de la valeur ajoutée que mes clients retirent de mes  services lorsqu'ils m'invitent à cheminer pour un temps à leurs côtés.

  Mes clients,  au début, sont  généralement de grands experts pour être en contact avec leurs  insatisfactions, avec ce qu’il leur manque, avec ce qui ne fonctionne pas. Ils  sont, la plupart du temps, très habiles pour se mettre beaucoup de  pression et vivre leurs poursuites d'objectifs avec beaucoup d'efforts et de  stress.

  Dans ma façon d'accompagner, j'invite mes  clients à sortir de cette dynamique où ils ont tendance à se faire violence à  eux-mêmes. Je souhaite qu'ils fassent l'expérience d'un espace dans  l'ici et le maintenant où ils peuvent ressentir à quel point ils sont  déjà grands, beaux, talentueux, créatifs, extraordinaires.  Je souhaite qu’ils prennent conscience qu'ils  font face à une abondance de possibilités et de pistes à suivre.

  Au fil du temps, les rencontres leur  permettent une prise de recul afin de faire l'inventaire des ressources et  possibilités et de faire des choix qui font du sens et qui sont porteurs de vie  pour eux-mêmes, leur équipe, leur organisation, leur entourage.

  Je crois profondément à la puissance  de mettre mes clients en contact avec leurs ressources  et leurs rêves, de les amener à savourer ce qui goûte déjà bon afin  d'apprécier le processus vers l'atteinte des résultats.

  Mon client se compare à un randonneur qui  se donne comme objectif de gravir un sommet. J'invite le "randonneur-client"  à s'offrir le voyage de ses rêves, à choisir ce qu'il y a de mieux  pour lui, à se donner les conditions optimales. Par exemple, il peut  s'agir de gravir la montagne équipé des meilleures  chaussures, avec les bons vêtements, de bonnes réserves de nourriture et  d'eau, avec un entrainement préalable adéquat et en agréable  compagnie.

  Cela demande de la préparation et de la  planification. Je vais d'abord m'assurer que mon client est au clair  avec ce qui le motive à vouloir entreprendre un tel voyage  et sur les bénéfices auxquels il aspire. Ma croyance étant qu'une  fois en marche, si le randonneur comprend pourquoi il marche, s'il se  sent bien soutenu dans ses souliers, s'il a choisi un  parcours ajusté à ces capacités, s’il se rappelle de respirer profondément  tout au long du parcours,  il sera  plus disposé à apprécier la promenade et à arriver au  sommet avec fierté.      Dans cette perspective, les questions : « Quel est mon intention en  mettant ce voyage à mon agenda ? » et « Comment est-ce que je veux  vivre mon voyage? » ont autant d'importance que la question « Où  est-ce que je veux aller ? » Pour être en mesure de répondre à ces questions, le « client  randonneur » doit de se brancher à ses besoins et apprendre à se  connaître pour savoir de quel genre de souliers, d'entraînement et de  parcours il a besoin pour voyager.

  S'il voyage avec d'autres, ça lui demande  de l'écoute pour découvrir à quel genre de voyage chacun de ses  compagnons aspire. Il se rendra vite compte que ce qui est une priorité  pour l’un ne l'est pas forcément pour l'autre. Devant ce  constat, ça lui demande une capacité à exprimer ses besoins et  une habileté à négocier et à coopérer pour que chacun y trouve son compte.      Malheureusement, le défi auquel mon "client randonneur" est souvent  confronté, c’est qu'il est évalué sur sa performance, sur les  résultats tangibles, concrets, financiers qu'il produit. On se soucie peu de  comment il s'y est pris pour y arriver et sur l'impact positif ou négatif  que sa démarche a eu sur lui-même, sur les gens autour de lui et  sur son environnement.

  Autour de lui, la  majorité encourage ceux qui sont aux sommets et on prend peu le temps de  regarder dans quel état ils arrivent, comment ils sont chaussés, comment ils se  sont entraînés. On accorde peu d'importance à ceux qui sont en train de grimper  la montagne. On ne pense même pas à ceux qui sont en train de se préparer et on  oublie ceux qui caressent le rêve de devenir randonneur.

  Certains clients chanceux sont capables  de trouver au sein de leur milieu de vie professionnel cet espace pour  réfléchir, ressentir et vibrer la mise en marche de leur prochain défi à  relever.  Pour d'autres, cela est moins évident, car ils sont happés par  les demandes multiples du quotidien et ont peu de personnes vers qui se tourner  car les autres autour d'eux doivent également composer avec leur propre liste  interminable de sommets à gravir.

  Et vous, comment se passe votre voyage professionnel?

Izabel Coutu, PCC ACC