Mais qu’est-ce que je fais avec cette situation?
21 novembre 2019

Mais qu’est-ce que je fais avec cette situation?par Comité de déontologie

Ce mois-ci, nous poursuivons avec notre envolée de situations concrètes « d’auto-réflexion » éthique. Comme à l’habitude, notre intention n’est pas de donner un avis d’expert en éthique mais tout simplement d’utiliser cet article comme lieu de partage d’une histoire réelle, qui pourrait être la mienne ou la vôtre.

C’est l’histoire d’une coache qui reçoit une demande de supervision de la part d’un coach qui débute dans la profession!  Ils s’entendent tout deux sur les besoins de supervision du coach, besoins qui se résument par le fait de  trouver des stratégies lui permettant de se sentir plus confiant dans son rôle de coach interne avec une clientèle qui a de grandes attentes face à la démarche de coaching. Ce coach mentionne également à sa superviseure que la personnalité « très forte » de certains clients coachés l’amène à se placer en position basse face à eux et que cela influence sa posture dans les séances de coaching. Jusque là, tout va bien! La coache superviseure est heureuse d’accueillir ce mandat où sa propre expérience en coaching pourra éventuellement servir à son client supervisé.

Au fil des sessions, une relation de confiance s’établit entre les deux protagonistes. La coache superviseure constate les avancées de son client par rapport à la posture de coach qu’il souhaitait solidifier. Il se dit plus clair avec ses clients sur la définition d’une démarche de coaching et sur les rôles et responsabilités qu’ont le coach et le coaché dans la démarche. Il devient aussi plus affirmatif dans sa façon d’aborder ses séances avec les clients coachés qu’il décrit comme ayant une « forte personnalité ».

Puis, lors d’une séance, le coach supervisé aborde des inconforts reliés à la structure de son organisation face au coaching. L’employeur incite l’équipe de coachs internes à comptabiliser en temps de perfectionnement en coaching, les heures passées en réunion où il est question des aspects administratifs des dossiers (heures en coaching réalisées dans le mois courant, démarches terminées et/ou débutées).

Le coach supervisé partage avec sa superviseure le fait que de mettre ses heures en perfectionnement aide son dossier en vue du renouvellement de son accréditation, puisqu’il a peu de temps à consacrer en formation continue à l’extérieur de l’organisation ou il travaille. Cependant, il se doute bien que les questions discutées lors de ses réunions ne sont pas alignées avec la définition donnée au perfectionnement.

De plus, le représentant des ressources humaines pose plusieurs questions sur le contenu des démarches de coaching sous prétexte de « voir venir » certains aspects reliés au mouvement de personnel.

Le coach supervisé se dit partagé entre sa loyauté envers son organisation et ce qu’il sait être confidentiel dans la relation de coaching. Il demande conseil à sa superviseure tout en se disant inquiet pour le maintien de son emploi  s’il confronte les représentants de l’employeur sur ces deux questions.

La coache superviseure se demande comment interagir avec son client supervisé. Un moment d’arrêt s’impose pour elle afin de regarder ce qui est là. Les questions qui l’habitent ressemblent à :

  • Qu’est-ce que ces informations viennent interpeller en moi? Quelles valeurs sont touchées?
  • Quelle est la meilleure façon de soutenir mon client supervisé dans le fait qu’il cumule du temps de perfectionnement avec des heures qui ne sont pas admissibles ?
  • Comment soutenir sa réflexion en lien avec ce qu’il sait être primordial dans la notion de confidentialité?
  • Comment l’aider à déterminer ce qui est le plus important pour lui dans les circonstances : garder son poste ou faire part à son employeur des normes en vigueur?
  • Et si lui ne fait rien face à cela, qu’est-ce que cela veut dire pour moi qui ‘sait’ ce qui se passe?
  • Comment rester neutre et détachée et jouer vraiment mon rôle avec lui?
  • Comment maintenir la relation de confiance et ne pas influencer subjectivement sa relation avec son employeur ?

Vous voyez un peu dans quel dilemme se retrouve notre superviseure!

Elle propose donc à son client supervisé de revoir le code de déontologie afin de ressortir les articles touchés par cette situation.

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Pour l’heure, la petite histoire s’arrête ici puisque nous souhaitons, ce mois-ci, vous mettre au défi de nous écrire pour nous signifier ce que vous pensez de cette situation (deontologie@icfquebec.org).

  • D’après vous, quels sont les aspects du code concernés par cette histoire?
  • Qu’est-ce qui se passe si le coach supervisé décide de ne rien faire par rapport à cela?
  • Comment agira la coache superviseure dans cette circonstance?

Nous attendons vos commentaires avec impatience,

Votre comité de déontologie :

Nathalie Dubé, Mireille Nadeau, Lyne Leblanc
Comité de déontologie Lyne Leblanc, Mireille Nadeau, Nathalie Dubé