Panel sur l’avenir du coaching au Congrès de la SICPNL
15 mai 2016

Panel sur l’avenir du coaching au Congrès de la SICPNLpar Richard La Rue

J’ai récemment eu l’honneur d’être invité à participer à un panel d’experts en coaching qui s’est tenu à l’occasion du premier congrès annuel de la Société Internationale des coachs en Programmation Neurolinguistique (« SICPNL »). L’animation habile et toute en douceur du panel par Anne-Laure Nouvion, PhD., Vice-présidente de la SICPNL, a permis à la discussion de prendre à la fois altitude et profondeur.


De gauche à droite : Richard La Rue, Sébastien Beaulieu, Sylvie Guignon, Anne-Laure Nouvion, Marianne Gagnon.

Les autres panelistes étaient Sébastien Beaulieu, PCC, psychologue organisationnel et coach exécutif, Sylvie Guignon, PhD, consultante en transformation, chercheure indépendante, et auteure de la première thèse de doctorat au Québec sur le développement du coaching et Marianne Gagnon, présidente de la SICPNL et coach certifiée en PNL. La SICPNL est une association qui compte dix ans d’existence et que je connaissais peu. La salle était comble – près de cent personnes - et je dois avouer que je ne connaissais qu’une poignée des coachs présents; moi qui avais l’impression que mes années d’implication auprès d’ICF et d’ICF Québec m’avaient permis de rencontrer la majorité des coachs au Québec! Mes collègues panelistes ont tous contribué à la richesse de la conversation. Je lève mon chapeau à Sylvie Guignon, une habituée de l’ICF puisqu’elle est souvent venue provoquer nos réflexions, pour la pertinence de ses propos et ses questions percutantes. Une véritable coach dans l’âme et dans le propos!

Pour ceux qui, comme moi, connaissent peu de choses au sujet de la PNL, ses adeptes la définissent comme étant un vaste corpus d’interventions, un peu tel un coffre d’outils réunis autour du développement de la personne, qui puise son origine dans les thérapies brèves. Les concepteurs de la PNL ont cherché à modéliser, c'est à dire à décoder et reproduire, des processus d'excellence, tels que ceux de grands thérapeutes. La PNL est donc le coffre d’outils que les coachs PNL, et d’autres, utilisent.

La discussion a porté sur les défis et perspectives d’avenir de la profession de coach en abordant deux importantes questions: « Faut-il professionnaliser le coaching? » et « Le positionnement des coachs par rapport aux autres professions d’accompagnement ». J’ai eu l’occasion d’exprimer mes idées sur ces sujets. Bien que le coaching ne soit pas présentement une profession au sens légal du terme, il s’agit pour moi d’une activité noble et professionnelle qui mérite une reconnaissance. J’ai relaté que le récent reportage de la journaliste Jessica Leblanc à l’émission de Paul Arcand, qui dépeignait tristement la situation d’un certain coaching de vie, m’a fait prendre conscience, avec une certaine douleur, du chemin qu’il nous reste à parcourir pour faire changer certaines perceptions négatives (plus souvent associées au coaching de vie).

J’ai partagé avec l’auditoire de coachs PNL qu’il n’y a pour moi que de très bonnes raisons pour professionnaliser le coaching; les principales étant de le crédibiliser et de bien protéger le public. La professionnalisation du coaching permettra aussi de mieux le définir et de bien le faire connaitre. L’image que je me fais du coaching professionnel est celle d’un coffre de crayons de couleurs dans lequel le coaching PNL, comme le coaching intégral, le coaching coactif ou celui de l’école Coaching de Gestion (pour ne nommer que ceux-là), sont chacun un crayon d’une couleur différente. Selon moi, seule une association de la stature de l’ICF, avec ses 28 000 membres dans plus de 140 pays et son solide système de certification des coachs, est la mieux outillée pour réunir la majorité des coachs professionnels et crédibiliser la profession. L’ICF est le coffre qui doit contenir tous les crayons de couleur.

Sur le thème de la relation du coaching avec les autres professions d’accompagnement, tous semblaient reconnaitre la nécessité du projet de Loi 21, maintenant intégré dans le Code des professions, qui précise le champ d’exclusivité des psychothérapeutes. Depuis son entrée en vigueur, il faut obtenir et détenir un permis, ou d’être un professionnel autorisé, pour pratiquer la psychothérapie. La nouvelle réglementation exclut cependant expressément le coaching de son application. Le coach d’affaires Sébastien Beaulieu, aussi psychologue, donnera bientôt une formation intitulée « Repères psychopathologiques pour coachs ». Cette formation visera à permettre aux coachs de développer l’habileté de référer au bon moment à un psychothérapeute reconnu et ainsi mieux circonscrire les limites de leur rôle. L’adoption du projet de loi 21 semble avoir causé un grand remous et déclenché une certaine crise identitaire au sein des adeptes de la PNL (qui tire en partie ses origines de la psychothérapie). Marianne Gagnon, la Présidente de la SICPNL, a d’ailleurs conclu en disant qu’une réflexion sur l’identité des coachs PNL s’imposait.

Je crois que le dialogue sincère et le choc des idées qui ont été échangées lors de ce panel constituent un pas dans la bonne direction; celle de tendre à unifier la profession de coach et de s’entendre sur une définition commune du coaching. Le fait que certaines écoles de formation en coaching PNL demandent et obtiennent une accréditation de leur formation sur les compétences essentielles en coaching par l’ICF m’apparait un pas dans cette direction. Je constate par ailleurs que de nombreux coachs PNL adhèrent aux 11 compétences essentielles de l’ICF et joignent ses rangs. L’union de tous les coachs professionnels de toutes les couleurs sur la base d’un solide code d’éthique et des 11 solides compétences essentielles de coaching de l’ICF serait certainement un pas dans la direction de la consolidation de notre profession. C’est à suivre!

Richard La Rue Coach professionnel certifié ACC