Chevauchement de mandats et de rôles
20 septembre 2018

Chevauchement de mandats et de rôlespar Comité de déontologie

Dès la première rencontre en tant que nouvelles membres du Comité de déontologie, nous avons réalisé à quel point nous nous rejoignions toutes les trois autour du sens que nous voulions donner à notre implication : contribuer à ce que se développe un réflexe de questionnement éthique dans notre pratique quotidienne comme coachs!

C’est dans cet esprit, que nous vous proposons ce mois-ci de poser un regard sur les enjeux éthiques et déontologiques que peuvent soulever les situations de chevauchement de mandats et de rôles.

Beaucoup, voire la plupart des coachs, choisissent d’adopter une pratique professionnelle diversifiée, où ils peuvent être appelés à jouer différents rôles. Pour n’en nommer que quelques exemples : coach en individuel, en groupe ou en équipe, formateur ou conférencier, consultant ou spécialiste dans différents domaines. Jusque-là, rien d’inhabituel !

Par contre, une lumière de vigilance éthique et déontologique devrait s’allumer lorsqu’un coach se voit confier différents mandats, avec des « chapeaux différents » (rôles), au sein d’une même organisation cliente. Pire scénario encore : se voir confier un seul mandat où vous êtes appelés à jouer différents rôles !

Voici quelques exemples concrets de situations possibles :

  • On vous demande de coacher individuellement une personne et par la suite, on vous demande de participer à l’évaluation du rendement de cette personne.
  • On vous offre de coacher une équipe et de remettre un rapport diagnostic sur la performance de cette même équipe.
  • Vous avez un mandat de conseil auprès du conseil d’administration en matière de gouvernance et vous avez un mandat de coaching individuel auprès du directeur général de cette même organisation.

PREMIER QUESTIONNEMENT : 

Quels sont les risques de manquements éthiques et déontologiques que peut entraîner un chevauchement de rôles?

  • Compromettre la relation de confiance et d’intimité requise aux apprentissages et à la réussite de la ou des personnes coachées.
  • Rompre l’engagement de confidentialité en me servant des informations privilégiées obtenues en coaching dans le cadre de mes autres mandats.
  • Créer de la confusion et nuire à la compréhension du rôle d’un coach :
  • Alternance entre la « position d’égalité » requise dans mon rôle de coach où les connaissances et compétences du coaché sont à l’avant-plan et la « position habituellement haute » du conseiller qui a à faire un diagnostic ou à évaluer une situation en fonction de ses connaissances et compétences du domaine.
  • Grande distinction à faire entre rendre compte du processus de coaching et de l’atteinte des résultats en lien avec les objectifs poursuivis en coaching (rôle de coach) et évaluer le rendement ou la performance d’une personne ou d’une équipe (rôle de conseiller ou d’expert). La finalité du processus et des informations obtenues n’est pas la même.
  • Difficulté à concilier les attentes qui peuvent être divergentes à l’égard d’un coach et d’un conseiller.

DEUXIÈME QUESTIONNEMENT : 

Quelles sont les stratégies et bonnes pratiques à préconiser comme coach  pour m’assurer que ces risques sont bien encadrés et gérés?

  • M’assurer que chacun des rôles, les limites applicableset les points de vigilance sont bien définis, compris et respectés par toutes les parties prenantes : coach, client coaché, client payeur ou représentants de l’organisation : 
  • Rédiger des offres de services et des contrats clairs et explicites.
  • Avoir un échange ouvert avec les différentes parties prenantes.
  • Surveiller et éviter toute situation de conflit d’intérêt ou toute forme d’incompatibilité entre les différents rôles.
  • M’abstenir de jouer un rôle qui pourrait m’amener à enfreindre les règles de confidentialité.

TROISIÈME QUESTIONNEMENT : 

Quels sont les articles du Code de déontologie applicables ?

Pour guider et encadrer votre pratique dans le cadre de situations de chevauchements de mandats, voici les principaux éléments du Code à connaître et à respecter :

Première partie – Définitions : 

  • Relation de coaching professionnel
  • Rôles dans la relation de coaching
  • Conflit d’intérêt

Deuxième partie : 

  • Section 1 – Articles : 5 et 6
  • Section 2 – Article 14
  • Section 3 – Articles 18 et 19
  • Section 4 – Articles 25 et 26

Merci de nous faire part de vos réflexions, vos réactions, vos prises de conscience, etc. 

Si vous avez besoin d’aide dans votre réflexion éthique, n’hésitez pas à faire appel à nous! 

 

Le comité de déontologie
Nathalie Dubé, Lyne Leblanc, Mireille Nadeau
Pour nous joindre : deontologie@icfquebec.org

Note : pour les fins de cet article, nous avons opté pour traiter spécifiquement du chevauchement des rôles au sein d’une même organisation. Il n’aborde donc pas les situations où un coach est appelé à coacher différentes personnes au sein d’une même organisation. Ce thème pourra éventuellement être abordé dans un des prochains articles à paraître. 

Comité de déontologie ICF Québec